No Quarter
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Rêvons le monde autrement à travers la musique.
REVUE D’ESSAIS RADIOPHONIQUES • MUSIQUE • LITTÉRATURE • PHILOSOPHIE
No Quarter
Led Zeppelin
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Bonjour, et bienvenue dans Radio d'auteur. Ici, nous n'écoutons pas seulement des chansons, nous cherchons à les entendre, autrement. À quel moment la route s'arrête-t-elle, pour laisser place à la rencontre avec nous-même. C’est une question qui, souvent, nous rattrape au détour d’un voyage, lorsque le paysage familier s’efface, pour laisser place à l’inconnu. Nous partons pour fuir, pour chercher, ou peut-être simplement parce que l’immobilité nous est devenue insupportable. Mais dans cet élan vers l'ailleurs, nous oublions parfois que la route est un miroir. Aujourd'hui, pour ouvrir cette réflexion, je vous invite à franchir un seuil avec No Quarter de Led Zeppelin. Ce titre, plus qu’une chanson, est une immersion. Dès les premières notes, le climat s'installe. Une brume épaisse, un froid glacial, une atmosphère de désolation. Il nous place dans la position du pèlerin solitaire qui réalise, au cœur de la tempête, qu’aucune pitié ne lui sera accordée — ni par les éléments, ni par le temps, ni par le monde. No Quarter, saisit ce moment précis où l'illusion de la destination s'effondre. Il n'y a plus d'itinéraire, plus de chemin balisé, seulement la marche, lancinante et hypnotique. C’est ici que commence notre errance : dans ce silence imposé par la musique; là où, dépouillé de nos certitudes, nous n'avons plus d'autre choix que de nous retrouver, face à notre propre vide.
Cabinet de curiosités

Cortez The Killer — Neil Young
En marchant sur les traces des civilisations disparues, nous réalisons que notre route est pavée par les ruines de ceux qui nous ont précédés. Est-ce que l'on peut vraiment se rencontrer soi-même quand on est hanté par l'histoire que l'on porte ? C'est le vertige que nous offre Neil Young, dans une tension électrique où chaque note de guitare semble vouloir demander pardon aux ombres du passé.

Midnight Rider — The Allman Brothers
Ici, la route n'est plus un voyage contemplatif, c'est une ligne de vie. On comprend que pour espérer nous rencontrer nous-même, il faut avoir le courage de tout laisser derrière soi, de rompre les liens et de ne faire qu'un avec l'obscurité. La vitesse devient alors une forme de liberté. ▶ Découvrir
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The Passenger — Iggy Pop
La route ne s'arrête pas, mais c'est nous qui cessons de lutter. En devenant simple passager, nous ne fuyons plus le passé, nous ne craignons plus l'immensité ; nous observons le monde défiler par la fenêtre, en pleine conscience. La rencontre avec nous-même se produit enfin ici, dans cet entre-deux, où accepter d'être spectateur de sa propre vie devient, paradoxalement, la plus grande des libertés.
La route n'est pas le chemin qui mène à soi, mais le miroir qui nous révèle que, finalement, nous n'avons jamais été ailleurs que là où nous devions être..
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