Both Sides Now
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Rêvons le monde autrement à travers la musique.
REVUE D’ESSAIS RADIOPHONIQUES • MUSIQUE • LITTÉRATURE • PHILOSOPHIE
Both Sides Now
Joni Mitchell
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Bienvenue dans la Radio d’Auteur. Ici, nous n’écoutons pas les chansons pour ce qu’elles racontent. Nous les écoutons pour ce qu’elles laissent apparaître lorsque les repères habituels commencent à se déplacer. Il y a des expériences qui ne se brisent pas. Elles se transforment. Très lentement. Sans rupture nette. Sans événement identifiable. Un lien peut continuer à exister ainsi. Non pas comme une évidence. Mais comme une présence qui change de forme. Both Sides Now ne raconte pas une histoire. Elle décrit un basculement du regard. Ce moment particulier où ce que l’on croyait stable devient réversible. Où les certitudes sur l’amour, sur les autres, sur soi-même… commencent à se reconfigurer. On croit d’abord reconnaître. Puis l’on doute. Puis l’on reconnaît autrement. Dans ce mouvement, quelque chose se produit. Ce n’est pas la disparition du lien. C’est la disparition de sa forme unique. Il reste une relation. Mais elle n’a plus une seule manière de se prouver. Elle circule autrement. Elle persiste sans s’imposer. Ici, le lien traverse même l’idée de disparition. Il ne s’oppose pas à l’absence. Il la suit. Ce titre ne décrit pas la fin d’un lien. Il décrit sa transformation. Un lien ne disparaît pas toujours lorsqu’il perd ses preuves. Il peut continuer autrement. Plus silencieux. Moins certain. Mais encore là. Peut-être est-ce cela que Both Sides Now donne à entendre. Non pas la nostalgie d’un temps où tout était clair. Mais la découverte qu’aucune clarté n’a jamais été définitive. Ce que nous appelons “voir les deux côtés”… n’est pas une compréhension complète. C’est une oscillation. Une manière de rester avec ce qui change sans le figer. Alors la question n’est peut-être plus : comment garder un lien intact. Mais : comment continuer à habiter un lien qui change de forme sans cesser d’exister. Il n’y a pas de conclusion à cela. Seulement une présence. Et parfois, une chanson.
Cabinet de curiosités

Something — The Beatles
C’est une chanson singulière parce qu’elle ne cherche pas à expliquer ce qui lie deux êtres. Elle constate qu’il y a “quelque chose” — sans pouvoir le nommer, sans pouvoir le justifier.

It Ain't Over Til It's Over — Lenny Kravitz
Il y a des liens qui semblent s’être arrêtés avant de s’arrêter vraiment. Cette chanson capte ce moment étrange où la fin est déjà perceptible, mais où quelque chose continue malgré tout — non par certitude, mais par inertie du cœur. Ce n’est pas une déclaration de victoire, c’est une résistance discrète à l’effacement.
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I Will Follow You Into The Dark — Death Cab For Cutie
Cette chanson parle d’un lien qui ne s’arrête pas à la frontière de l’absence, mais qui accepte de la traverser. Il n’y a ni promesse spectaculaire ni consolation : seulement une fidélité dépouillée, qui continue même là où la présence disparaît.
Un lien ne s’éteint pas toujours lorsqu’il change : il apprend parfois à exister autrement.
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